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Tout petit, je rêvais de faire de la bande dessinée. Cette envie persistante m’a mené à tenter une carrière dans l’illustration publicitaire. J’embrassai ces études avec moult espoirs à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles en 1989. Las, deux ans et une catastrophe jurystique plus tard, je m’envolai, amer, vers d’autres cieux, non sans emporter dans mon bagage de maigres bases de dessin glanées ça et là durant les cours de modèle vivant.

A la même période, je découvrai le jeu de rôle grandeur nature, et le plaisir de se sentir devenir, pour quelques heures, un monstre ou un héros. Parallèlement, en autodidacte, je continuai à m’exercer au dessin lorsque l’envie m’en prenait, bien que cela arrivât peu souvent. Au cours de mes activités de jeu de rôles, je rencontrai des personnes dont certaines devinrent des amis, et fus sollicité pour la réalisation de matériel graphique destiné à illlustrer, qui un livre de règles, qui un bulletin d’inscription pour l’une ou l’autre activité, notamment pour l’asbl Garou.

J’avais trouvé ma nouvelle école de dessin : mes amis étaient exigeants, les délais intenables, et les briefings à la fois extrêmement précis et particulièrement difficiles à respecter pour un novice. Chaque dessin était donc l’occasion d’un nouvel apprentissage. Petit à petit, au fil des ans, je gagnai en assurance, et l’initial « Je n’y arriverai jamais » fut progressivement remplacé par le moins timoré « Je vais leur en foutre plein la gueule ». Ces quelque dix années de collaboration furent émaillées d’autres projets, amateurs ou semi-pro, parfois réalisés en dehors de la sphère du jeu de rôles.

Aujourd’hui, je ne fais toujours pas de bande dessinée, mais les aléas de la vie m’auront au moins permis de concrétiser certaines aspirations dans le domaine de l’illustration ; suffisamment du moins pour enfin oser proposer un site internet présentant la majeure partie de mes créations depuis le début des années nonante, et me permettre un texte descriptif dans lequel j’aurai pu fourrer un maximum de verbes conjugés au passé simple.